L’association canadienne contre la violence organise un webinaire sur la violence sexuelle et le COVID-19 (résumé en français)

[En anglais]

Résumé de la violence sexuelle & COVID-19 : Perspectives en première ligne

Dans l’ensemble, nos panélistes ont souligné que la COVID-19 a un effet considérable sur les personnes ayant survécu à la violence sexuelle et sur les services qui leur sont destinés. La pandémie a obligé les organisations à développer des moyens créatifs pour continuer à fournir des services aux survivants tout en suivant les recommandations de santé publique. Au cours du webinaire, les panélistes ont répondu aux quatre questions suivantes :

  • Que remarquez-vous à propos de l’effet de COVID-19 sur les personnes ayant survécu à la violence sexuelle et sur les services qui leur sont destinés ?Quel est votre plus grand défi en ce moment ?
  • Quelles sont vos préoccupations pour l’avenir ?
  • Quelles sont certaines des solutions innovantes que vous avez trouvées pour vous adapter à cette situation ?

Les principaux sujets et leçons suivants ont été retenus de notre discussion :

  • Il est plus important que jamais de comprendre la violence sexuelle comme une question de pouvoir et de contrôle.
  • La violence sexuelle est déjà une pandémie, et les services de lutte contre la violence sexuelle sont déjà en crise.
  • La pandémie COVID-19 exacerbe les effets de la violence sexuelle et crée des défis supplémentaires dans la gestion de ces effets.
  • La priorité est de maintenir le soutien et les services aux personnes ayant survécu à la violence sexuelle pendant la pandémie.
  • La diminution du nombre de personnes qui sollicitent un soutien doit être comprise dans le contexte de la pandémie, des inégalités systémiques et de l’omniprésence des mythes et des idées fausses sur le viol.
  • Les fossés numériques et économiques qui existent au Canada ont de profondes répercussions sur les services de lutte contre la violence sexuelle et sur la prestation des services.
  • Face à ces défis, de nouvelles opportunités et stratégies de soutien aux survivants apparaissent.
  • Il est essentiel de maintenir les liens, la communauté et la conversation pour soutenir les survivantes et les travailleurs de première ligne.
  • La plus grande préoccupation pour l’avenir est la capacité de répondre aux besoins de ceux et celles qui chercheront du soutien dans les mois à venir.
  • C’est l’occasion de repenser radicalement les services et la réponse à la violence sexuelle, en s’orientant vers des modèles de soutien et de service qui remettent en question les structures gouvernementales et coloniales de longue date.

Continuez à lire pour une discussion plus détaillée sur chacun de ces sujets.

Il est plus important que jamais de comprendre la violence sexuelle comme une question de pouvoir et de contrôle.

Les panélistes ont jeté les bases de notre discussion en nous rappelant que la violence sexuelle est une question de pouvoir et de contrôle, et qu’il est encore plus important de comprendre en quoi la violence sexuelle est un crime fondé sur le pouvoir dans le contexte actuel de la pandémie, alors que les gens éprouvent un sentiment croissant d’impuissance et de perte de contrôle. Lorsque les gens ressentent une impuissance accrue, ils peuvent être plus enclins à utiliser la violence sexuelle pour exercer un pouvoir ou maintenir une certaine forme de contrôle.

Les panélistes ont également souligné l’importance fondamentale d’aborder les discussions sur les impacts de COVID-19 sur la violence sexuelle à travers une lentille qui met en évidence la façon dont l’inégalité systémique façonne les expériences et les impacts de la violence sexuelle de différentes manières. Pour soutenir les survivantes et analyser la violence sexuelle dans le contexte de COVID-19, il faut examiner comment des systèmes d’inégalité imbriqués créent des impacts différents pour les personnes ayant survécu à la violence sexuelle en fonction de leur position dans ces systèmes.

Dalya Israel, directrice générale du WAVAW Rape Crisis Centre à Vancouver, en Colombie-Britannique, a décrit les efforts déployés pour articuler la façon dont ces systèmes d’inégalité imbriqués façonnent la violence sexuelle pendant la pandémie. La WAVAW a développé un continuum de dommages sexuels spécifique au contexte de la COVID-19 pour aider les gens à identifier et à mettre des mots sur certaines des façons dont ils peuvent subir des violences sexuelles en fonction de leurs propres ressources et de leur position pendant cette période.

La violence sexuelle est déjà une pandémie, et les services de lutte contre la violence sexuelle sont déjà en crise.

Les panélistes ont présenté la COVID-19 comme une pandémie qui s’ajoute à la pandémie préexistante de violence sexuelle et de violence fondée sur le genre. Pour les prestataires de services aux victimes de violence sexuelle, il était important de situer les demandes créées par la pandémie COVID-19 dans le contexte de la croissance constante de la demande de services qui s’est produite dans les centres et services de lutte contre les agressions sexuelles au cours des 3 à 4 dernières années en relation avec le mouvement MeToo (Moi-aussi). Avant le début de la pandémie, les services de conseil étaient déjà à pleine capacité dans de nombreux centres, et certains avaient de longues listes d’attente.

Pour ceux qui travaillent et fournissent des services de lutte contre la violence sexuelle dans les régions nordiques, isolées et rurales, et dans les communautés indigènes, la pandémie préexistante de violence sexuelle et la crise des ressources pour répondre à cette pandémie sont particulièrement aiguës. Reem Girgrah, de l’Équipe d’intervention en cas d’agression sexuelle de la Direction des services aux victimes, du gouvernement du Yukon, a donné un aperçu des défis particuliers que pose la prestation de services en matière de violence sexuelle au Yukon, où il n’existe pas de centres spécialisés dans les agressions sexuelles et où la prestation de services est compliquée par la géographie et l’accès limité à un petit nombre d’hôpitaux et d’autres services de soutien. Corrine McArthur, gestionnaire de programme et conseillère au sein du programme SIGN Sexual Assault and Counselling (programme d’aide aux victimes d’agressions sexuelles) à Yorkton, en Saskatchewan, a parlé des défis auxquels elle est confrontée en tant que seule conseillère des Premières Nations spécialisée dans l’aide aux victimes d’agressions sexuelles sur le territoire du Traité n° 4, ainsi que de l’augmentation de 125 % des appels au soutien des personnes ayant survécu à la violence sexuelle à la suite du mouvement MeToo (Moi-aussi).

Tous les panélistes s’attendent à une forte augmentation de la demande de soutien à mesure que les restrictions de la COVID-19 seront levées, et beaucoup s’inquiètent de leur capacité à répondre à cette demande étant donné la pression déjà existante sur les services.

La pandémie COVID-19 exacerbe les effets de la violence sexuelle et crée des défis supplémentaires dans la gestion de ces effets.

Les panélistes ont parlé de l’importance de se rappeler que les conditions créées par la pandémie concernent non seulement le potentiel de nouveaux incidents de violence sexuelle, mais aussi l’impact de ces conditions sur les victimes qui tentent de gérer les conséquences de la violence sexuelle. Les panélistes ont expliqué comment l’anxiété causée par la pandémie exacerbe les symptômes de traumatisme existants pour les personnes ayant survécu à la violence sexuelle, et que le fait d’être isolé à la maison signifie également une déconnexion des aides extérieures auxquelles elles pourraient normalement faire appel. De nombreuses victimes peuvent avoir besoin d’un soutien supplémentaire pour gérer les effets et les traumatismes préexistants qui sont ressentis de manière plus aiguë avec les pressions supplémentaires de la pandémie.

La priorité est de maintenir le soutien et les services aux personnes ayant survécu à la violence sexuelle pendant la pandémie.

Les panélistes ont souligné que malgré les défis posés par la pandémie, leur priorité est de continuer à fournir des services à ceux qui en ont besoin. Cela nécessite de trouver des solutions nouvelles et créatives pour permettre la fourniture continue de services dans le respect des directives de santé publique.

Le conseil thérapeutique en personne est au cœur de nombreux centres et services pour victimes d’agressions sexuelles. Pour garantir la disponibilité permanente de ces conseils, les centres ont opté pour des appels téléphoniques ou en ligne. Ce changement de mode de prestation a nécessité de s’attaquer à l’utilisation des nouvelles technologies, de gérer les différents accès à la technologie et de définir des politiques et des protocoles visant à garantir la confidentialité. Comme l’a fait remarquer Rachael Crowder, directrice générale du Prince Edward Island Rape and Sexual Assault Centre (PEIRSAC), «le conseil féministe crucial, décolonisant, intersectionnel et centré sur le traumatisme est fondé sur la relation entre la victime et le conseiller» ; le stress supplémentaire de la pandémie non seulement pour les victimes, mais aussi pour les conseillers et l’obligation de fournir des services virtuels ont fait qu’il est important de trouver de nouvelles façons de s’occuper de la relation thérapeutique et de veiller à ce que les travailleurs de première ligne soient soutenus.

Les lignes de crise et de soutien restent également ouvertes. Haley Scott, coordinatrice de l’intervention communautaire en collaboration avec l’Association of Alberta Sexual Assault Services (AASAS), a expliqué comment les options de texte et de chat en ligne disponibles par le biais de la One Line for Sexual Assault de l’Alberta se sont révélées particulièrement importantes depuis le début de la pandémie. La One Line for Sexual Assault de l’Alberta a connu une augmentation de 57 % du volume d’appels au cours du premier mois de la pandémie, et la fonction de chat en ligne a été le mode d’engagement le plus utilisé sur la ligne. La forte utilisation de la fonction de chat en ligne souligne la nécessité de trouver des alternatives aux lignes téléphoniques de crise traditionnelles dans des périodes comme celle-ci où les gens ont peu d’intimité ou peuvent vivre avec des partenaires violents ou dans d’autres arrangements qui rendent impossible de parler à une personne de soutien au téléphone.

Il n’a pas été possible de maintenir les services d’accompagnement hospitaliers offerts par de nombreux centres d’aide aux victimes d’agressions sexuelles en raison des restrictions imposées aux visiteurs de l’hôpital. Néanmoins, certains centres ont trouvé des solutions créatives : par exemple, le Newfoundland Sexual Assault Crisis and Prevention Centre de Terre-Neuve a continué à offrir un soutien hospitalier par téléphone dans le cadre de l’hôpital. Sheila Macdonald, directrice provinciale de l’Ontario Network of Sexual Assault/Domestic Violence Care and Treatment Centres, a expliqué comment les services hospitaliers offerts dans le cadre du programme SANE (Sexual Assault Nurse Examiner) ont continué à fonctionner en s’adaptant si nécessaire à l’évolution des conditions. Cela inclut le port de l’ÉPI par les SANE et sa fourniture aux personnes ayant survécu à la violence sexuelle si nécessaire, le maintien d’une distance physique aussi grande que possible pendant les examens, et la création d’une nouvelle ligne téléphonique d’information pour que les survivants/victimes sachent que le programme SANE continue à fonctionner pendant la pandémie.

La diminution du nombre de personnes qui sollicitent un soutien doit être comprise dans le contexte de la pandémie, des inégalités systémiques et de l’omniprésence des mythes et des idées fausses sur le viol.

Depuis le début de la pandémie en mars, les panélistes ont indiqué avoir constaté une diminution du nombre de personnes ayant recours aux services par rapport à la même période l’année dernière.

Les experts ont souligné que toute diminution du nombre de personnes demandant de l’aide ne doit pas être considérée comme une indication que la violence sexuelle elle-même est en baisse. Au contraire, les contextes uniques de la pandémie, associés aux inégalités systémiques existantes et à la persistance des mythes et des idées fausses sur les agressions sexuelles, créent des obstacles supplémentaires à la recherche de soutien.

Les panélistes ont noté que les messages sur l’importance de rester à la maison avaient des impacts distincts sur les personnes victimes de violence sexuelle et sur leur compréhension et leur conviction qu’elles enfreindraient les directives de santé publique si elles quittaient leur domicile pour chercher de l’aide. Par exemple, comme l’a souligné Sheila Macdonald, une diminution du nombre de victimes d’agressions sexuelles se présentant aux urgences des hôpitaux en Ontario depuis le début de la pandémie doit être comprise en relation avec les craintes plus générales que les gens ressentaient à l’idée d’aller aux urgences des hôpitaux et/ou la conviction qu’ils ne devraient se rendre à l’hôpital que s’ils étaient atteints de COVID-19.

Les panélistes ont également noté comment les inégalités systémiques exacerbées pendant la pandémie ont également contribué à la diminution de la demande de services pour les violences sexuelles. Le manque d’accès à la technologie et/ou aux téléphones portables prépayés et d’autres obstacles économiques sont une cause probable de la diminution du nombre de survivants qui maintiennent des liens avec les services ou qui demandent de l’aide. Pour les personnes déjà marginalisées par la pauvreté, l’absence de domicile fixe ou d’autres facteurs, l’obligation de disposer de la technologie nécessaire et les complications supplémentaires liées à la navigation dans les ressources sont particulièrement susceptibles de contribuer à leur capacité à demander de l’aide.

Dèby Trent, directrice du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (CVASM) / Montreal Sexual Assault Centre (MSAC), a fourni un contexte important en parlant de la peur du jugement, de la honte, et le blâme — des craintes que les personnes ayant survécu à la violence sexuelle éprouvent toujours dans le contexte d’une culture de soutien au viol — ont été exacerbés pour ceux qui craignaient peut-être d’être interrogés ou blâmés sur leur adhésion aux protocoles de la pandémie lorsqu’ils étaient victimes d’agressions sexuelles, et que ces craintes les empêcheraient de chercher du soutien.

Les fossés numériques et économiques qui existent au Canada ont de profondes répercussions sur les services de lutte contre la violence sexuelle et sur la prestation des services.

Le recours accru à la technologie qui est apparu au cours de la pandémie a mis en évidence pour de nombreux panélistes les dures réalités des fossés numériques et économiques à travers le pays, et en particulier entre les zones nordiques/rurales et urbaines. Comme l’ont souligné les panélistes, ces inégalités systémiques en matière d’infrastructure, d’accès à la technologie et de connectivité à l’internet ont de profondes répercussions sur l’accès aux services des populations marginalisées et vulnérables.

Pour relever les défis posés par ces inégalités, les panélistes ont décrit certaines des façons novatrices dont ils ont collaboré avec d’autres organisations et entreprises pour répondre à certains de ces besoins. Au Yukon, par exemple, le Yukon Status of Women’s Council et le Yukon Women’s Directorate se sont associés pour fournir des téléphones portables prépayés aux survivants et aux fournisseurs de services. Dans d’autres cas, cependant, le manque de connectivité à l’internet a obligé les conseillers à recourir aux textos comme moyen de soutien — une modalité qui n’est pas bien adaptée au soutien thérapeutique pour les abus sexuels.

Les panélistes ont noté que le financement mis à disposition par le gouvernement fédéral aux centres d’aide aux victimes d’agressions sexuelles a été essentiel pour permettre à ces centres d’acheter des technologies et de fournir des solutions technologiques pour répondre à certains de ces besoins ; néanmoins, des solutions à plus long terme qui s’attaquent aux inégalités numériques et économiques sont essentielles.

Face à ces défis, de nouvelles opportunités et stratégies de soutien aux survivants apparaissent.

Malgré les nombreux défis créés par la pandémie, les panélistes ont parlé de la façon dont de nouvelles opportunités et stratégies de soutien aux personnes ayant survécu à la violence sexuelle émergent dans ce contexte. Par exemple, les panélistes travaillant avec ces personnes qui vivent dans des régions éloignées ou rurales et/ou qui n’ont pas les moyens financiers de se déplacer pour des rendez-vous ont constaté que les conseils en ligne rendent le soutien plus accessible. Pour les personnes ayant survécu à la violence sexuelle qui luttent contre l’anxiété, les modes de conseil en ligne ont également contribué à soulager l’anxiété liée à l’obligation de se déplacer pour se rendre à des rendez-vous.

Les membres du panel ont estimé que, pour l’instant du moins, les modèles de conseil en ligne continueront d’être utilisés même après la levée des restrictions liées à la pandémie. Toutefois, ils ont souligné que, s’il est important de reconnaître que ces nouvelles stratégies peuvent combler les lacunes et les obstacles aux services pour certaines personnes, elles ne peuvent pas être considérées comme des réponses adéquates aux inégalités systémiques et économiques qui existent et qui ont créé ces lacunes et ces obstacles en premier lieu.

Il est essentiel de maintenir les liens, la communauté et la conversation pour soutenir les survivantes et les travailleurs de première ligne.

Les panélistes ont souligné l’importance de maintenir un lien et une communauté non seulement avec les personnes qui utilisent leurs services, mais aussi avec les travailleurs de première ligne et le personnel fournissant des services de soutien. Les panélistes ont identifié de nombreuses façons créatives d’y parvenir malgré l’exigence d’éloignement physique.

Parmi les stratégies visant à maintenir le lien avec les personnes ayant survécu à la violence sexuelle et à s’assurer qu’elles savent que des services sont toujours disponibles, on peut citer :

  • la mise à disposition de ressources (livres à colorier, notes, etc.) pour maintenir le lien
  • la création des articles de blogue et du contenu web pour informer les personnes ayant survécu à la violence sexuelle sur les conséquences possibles de la pandémie
  • la création de nouveaux moyens de favoriser l’engagement communautaire par le biais de chaînes YouTube, de vidéos éducatives et de cafés-causeries en ligne
  • l’élaboration des outils supplémentaires (lignes téléphoniques, lignes de chat, etc.) pour aider les personnes ayant survécu à la violence sexuelle à s’orienter dans les services et dissiper la confusion quant à l’ouverture ou à la fermeture des services. 

Parmi les stratégies visant à maintenir les liens entre les travailleurs de première ligne, le personnel et les bénévoles, on peut citer :

  • des appels de partage d’informations supplémentaires et des réunions de réseau pour partager des informations et réfléchir à des solutions
  • le développement de nouveaux moyens de soutenir les volontaires par des activités de connexion virtuelle, telles que le partage des compétences des volontaires, les groupes de soins collectifs en ligne, les tournées et les contrôles quotidiens
  • un soutien clinique plus fréquent aux conseillers et thérapeutes spécialisés dans les violences sexuelles, et une augmentation du temps consacré à la consultation clinique et au développement professionnel.

La plus grande préoccupation pour l’avenir est la capacité de répondre aux besoins de ceux et celles qui chercheront du soutien dans les mois à venir.

Tous les panélistes ont souligné qu’ils s’attendent à une augmentation spectaculaire de la demande de services à mesure que les restrictions liées à la pandémie seront levées. Par conséquent, la plus grande préoccupation reste la capacité et l’aptitude à répondre à ces besoins — une préoccupation exacerbée par la pression préexistante sur les services avant le début de la pandémie.

Jenn Richard, directrice du développement stratégique du Centre d’Aide en cas d’Agression sexuelle (Sexual Violence New Brunswick, SVNB), a expliqué comment le fait de compter sur un financement basé sur des projets soulève des inquiétudes quant à la capacité de fournir des services. Si les centres d’aide aux victimes d’agressions sexuelles, comme le SVNB, ont mis au point des moyens créatifs pour pallier le manque de financement, par exemple en développant des programmes de développement professionnel et de formation qu’ils proposent à l’ensemble de leurs communautés, la pandémie a également mis en péril ces moyens de générer des revenus. 

En parlant de leurs préoccupations pour gérer une augmentation de la demande, les panélistes ont également évoqué les défis que la pandémie crée pour la formation des nouveaux conseillers, des travailleurs de soutien et des bénévoles. Bien que de nombreux centres étudient les moyens d’adapter la formation aux formats en ligne, ce travail prend du temps et sera difficile dans le contexte de la pression constante pour fournir des services.

Un financement stable, cohérent et de base reste une préoccupation et un besoin essentiels pour que les services de lutte contre la violence sexuelle soient équipés pour répondre à une augmentation constante de la demande de services au cours des semaines et des mois à venir.

C’est l’occasion de repenser radicalement les services et la réponse à la violence sexuelle, en s’orientant vers des modèles de soutien et de service qui remettent en question les structures gouvernementales et coloniales de longue date.

Un dernier message clé communiqué par les panélistes était l’opportunité que ce moment offre de réexaminer les modèles de prestation de services en matière de violence sexuelle, et de remettre en question les approches de longue date qui restent ancrées dans les structures gouvernementales et coloniales. Comme l’a fait remarquer Dalya Israel, directrice générale du WAVAW Rape Crisis Centre, il y a actuellement une opportunité «de prendre un moment pour réfléchir à la situation dans laquelle nous nous trouvons en tant que société et d’amplifier réellement les voix qui nous disent depuis longtemps qu’il n’y a pas d’approche à l’emporte-pièce».

À cette fin, les panélistes ont insisté pour que l’on réfléchisse et que l’on discute de la prestation de services aux victimes des violences sexuelles en tenant compte de la manière dont les modèles actuels excluent les victimes les plus marginalisées et de l’importance de considérer la violence sexuelle et la réponse à celle-ci comme quelque chose qui va bien au-delà des cadres gouvernementaux ou institutionnels. Il est également important de maintenir l’accent sur la violence sexuelle en tant que phénomène distinct de la violence domestique.

Ressources supplémentaires :


L’association canadienne contre la violence organise un webinaire sur la violence sexuelle et le COVID-19 (résumé en français)
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